Abdallah Badis

Comédien - Metteur en scène - Cinéaste

lundi 12 mars 2007

Blues et Ghorba

Algérien, anagramme de galériens.

"C'est ainsi que la France nous pénètre tous jusqu'aux os.
C'est de la folie, c'est comme de boire ou de jouer, c'est un petit ver qui creuse en nous des galeries comme à la mine.
Quand je pense maintenant à tout ce que j'ai couru,
à tout ce que j'ai attendu, à tous les voyages que j'ai faits,
à tout le monde supplié, il faut vraiment être enragé!
Tout cela rien que pour pouvoir arriver en France.
Moi qui croyais que la France ce n'était pas l'exil!
Ils ont beau plaisanter, quand ils reviennent au pays, sur la terre natale qui leur est devenue la terre étrangère,
l'exil c'est toujours l'exil.
Quand ils sont pris dans l’obscurité, ils disent bien: le pays m'est devenu l'exil. El ghorba,
Au fond, on ne les croit pas..."

(in "La double absence", Abdelmalek Sayad, ed du Seuil)

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