Abdallah Badis

Comédien - Metteur en scène - Cinéaste

lundi 22 décembre 2008

Tournage à Homécourt

CULTURE TOURNAGE DE FILM AVENUE DE LA RÉPUBLIQUE
LE 7E ART BRAQUE SES CAMÉRAS SUR HOMÉCOURT


C’est une scène onirique qui a été tournée, avec comme fil conducteur l’une des voitures les plus populaires des années 60-70, une 404 blanche qui va et vient dans l’avenue.
Mardi soir, le tournage d’une séquence du film "Le Chemin noir "a mené le réalisateur Abdallah Badis dans les rues homécourtoises. Grâce à la participation des habitants, il a redonné une nouvelle jeunesse à l’avenue de la République.
«Que des acteurs, pas de figurants ». Abdallah Badis est catégorique. Sous les trombes d’eau qui s’abattent sur l’avenue de la République à Homécourt, le réalisateur du film "Le Chemin noir" tire nerveusement sur sa cigarette, ne tient pas en place. Il est 21 h 30, et l’énorme spot censé illuminer la façade du café La Lorraine fait des siennes. Problème de groupe électrogène. Sur le trottoir opposé, abrités sous des parapluies et emmitouflés dans leurs manteaux, des habitants d’Homécourt et des environs observent d’un œil dubitatif l’équipe de tournage qui s’agite. Des enfants, des ados, quelques adultes… Les acteurs, ce sont eux. Ces personnes comme les autres qui, le temps d’une soirée, vont faire revivre l’ambiance aujourd’hui révolue des cafés de l’avenue de la République, à une époque où ils étaient remplis par les travailleurs immigrés.Abdallah Badis et son équipe étaient déjà venus il y a quelques jours en repérage, à la rencontre des habitants. Et comptaient bien sur leur présence ce soir. Pas de véritables directives, mais plutôt un échange avec la population pour davantage de naturel. Aurélia et Boudjenna ont cédé, devant l’insistance de leur amie Delphine. «Avoir l’opportunité de voir comment se déroule un tournage, c’est mon rêve ! s’exclame la jeune femme qui regrette toutefois qu’il n’y ait pas plus de monde. Alors, quand j’ai appris qu’il allait se passer quelque chose à Homécourt, j’ai sauté sur l’occasion.» Se moquant bien de la météo, les enfants, surexcités, improvisent des jeux avec un ballon râpé et piaillent d’impatience sur le trottoir luisant.

Ambiance surréaliste
C’est une scène onirique qui sera tournée ce soir, avec comme fil conducteur l’une des voitures les plus populaires des années 60-70, une Peugeot 404 blanche qui va et vient dans l’avenue. Symbole des errances d’un narrateur ? le réalisateur lui-même ? en quête de ses origines. Gabrielle, l’assistante de réalisation, court d’un bout à l’autre de la rue, la bouche collée à son talkie-walkie. Dans quelques instants, l’avenue va être bloquée à la circulation. A l’abri sous un immense parapluie, l’énorme caméra attend patiemment que l’on veuille bien lui intimer l’ordre d’enregistrer.Enfin ça y est, le spot daigne cracher sa vive lumière jaune, la façade prend soudainement des couleurs. Le tournage peut commencer sous les yeux des badauds venus observer la scène. Une scène des plus surréalistes d’ailleurs. Il est près de 23 h, une nuit d’octobre pluvieuse. Mais dehors, l’ambiance avenue de la République fait penser à une soirée d’été. Abdallah Badis sourit, il est satisfait. L’illusion est parfaite. Celle d’un café bondé, tellement bondé que l’on en sort pour respirer et trouver un peu de fraîcheur. «Ah, ben c’est pas si "mort" que ça Homécourt », murmure un ado avec une pointe de fierté. Lui et ses copains auront préféré rester discrètement derrière la caméra. Cette fois-ci.

J. M.

Publié le 23/10/2008
http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article.html?iurweb=173284

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