Abdallah Badis

Comédien - Metteur en scène - Cinéaste
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mercredi 10 septembre 2014

LE FILS ETRANGER.


Chic! 
Les tournages Algérie et France sont faits.
Une première partie du montage également, elle s'est faite à l'INA sur cinq semaines. 
L'INA est coproducteur.
ça avance. 
La suite et le reste à partir de Novembre 2014. 
On croise les doigts.








D'autres images des tournages 
sont sur la page Facebook de la production Cactusco Films



lundi 22 décembre 2008

Tournage à Homécourt

CULTURE TOURNAGE DE FILM AVENUE DE LA RÉPUBLIQUE
LE 7E ART BRAQUE SES CAMÉRAS SUR HOMÉCOURT


C’est une scène onirique qui a été tournée, avec comme fil conducteur l’une des voitures les plus populaires des années 60-70, une 404 blanche qui va et vient dans l’avenue.
Mardi soir, le tournage d’une séquence du film "Le Chemin noir "a mené le réalisateur Abdallah Badis dans les rues homécourtoises. Grâce à la participation des habitants, il a redonné une nouvelle jeunesse à l’avenue de la République.
«Que des acteurs, pas de figurants ». Abdallah Badis est catégorique. Sous les trombes d’eau qui s’abattent sur l’avenue de la République à Homécourt, le réalisateur du film "Le Chemin noir" tire nerveusement sur sa cigarette, ne tient pas en place. Il est 21 h 30, et l’énorme spot censé illuminer la façade du café La Lorraine fait des siennes. Problème de groupe électrogène. Sur le trottoir opposé, abrités sous des parapluies et emmitouflés dans leurs manteaux, des habitants d’Homécourt et des environs observent d’un œil dubitatif l’équipe de tournage qui s’agite. Des enfants, des ados, quelques adultes… Les acteurs, ce sont eux. Ces personnes comme les autres qui, le temps d’une soirée, vont faire revivre l’ambiance aujourd’hui révolue des cafés de l’avenue de la République, à une époque où ils étaient remplis par les travailleurs immigrés.Abdallah Badis et son équipe étaient déjà venus il y a quelques jours en repérage, à la rencontre des habitants. Et comptaient bien sur leur présence ce soir. Pas de véritables directives, mais plutôt un échange avec la population pour davantage de naturel. Aurélia et Boudjenna ont cédé, devant l’insistance de leur amie Delphine. «Avoir l’opportunité de voir comment se déroule un tournage, c’est mon rêve ! s’exclame la jeune femme qui regrette toutefois qu’il n’y ait pas plus de monde. Alors, quand j’ai appris qu’il allait se passer quelque chose à Homécourt, j’ai sauté sur l’occasion.» Se moquant bien de la météo, les enfants, surexcités, improvisent des jeux avec un ballon râpé et piaillent d’impatience sur le trottoir luisant.

Ambiance surréaliste
C’est une scène onirique qui sera tournée ce soir, avec comme fil conducteur l’une des voitures les plus populaires des années 60-70, une Peugeot 404 blanche qui va et vient dans l’avenue. Symbole des errances d’un narrateur ? le réalisateur lui-même ? en quête de ses origines. Gabrielle, l’assistante de réalisation, court d’un bout à l’autre de la rue, la bouche collée à son talkie-walkie. Dans quelques instants, l’avenue va être bloquée à la circulation. A l’abri sous un immense parapluie, l’énorme caméra attend patiemment que l’on veuille bien lui intimer l’ordre d’enregistrer.Enfin ça y est, le spot daigne cracher sa vive lumière jaune, la façade prend soudainement des couleurs. Le tournage peut commencer sous les yeux des badauds venus observer la scène. Une scène des plus surréalistes d’ailleurs. Il est près de 23 h, une nuit d’octobre pluvieuse. Mais dehors, l’ambiance avenue de la République fait penser à une soirée d’été. Abdallah Badis sourit, il est satisfait. L’illusion est parfaite. Celle d’un café bondé, tellement bondé que l’on en sort pour respirer et trouver un peu de fraîcheur. «Ah, ben c’est pas si "mort" que ça Homécourt », murmure un ado avec une pointe de fierté. Lui et ses copains auront préféré rester discrètement derrière la caméra. Cette fois-ci.

J. M.

Publié le 23/10/2008
http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article.html?iurweb=173284

mercredi 26 novembre 2008

jeudi 30 octobre 2008

Hôtel des ouvriers

Pays de l'Orne

Abdallah Badis pose sa caméra à Homécourt.
Dans la progression du tournage de son film, Le Chemin noir, le réalisateur Abdallah Badis a choisi le décor naturel de l'hôtel des Ouvriers pour une scène homécourtoise.



Depuis la mort de la sidérurgie, de nombreuses pages d'Histoire se sont écrites sur cette période où les immenses flammes que crachaient les usines illuminaient tout le bassin ferrifère. Pourtant, en réalisant "le Chemin noir", Abdallah Badis tente de revenir sur un autre aspect des années du plein emploi. Celui où des dizaines de milliers de personnes se sont déracinées en quittant leur pays natal pour l'eldorado lorrain. L'arrivée en masse des immigrés et notamment ceux venus d'Algérie comme son père. Un scénario original qui retrace en quelque sorte le parcours de ce dernier, parti du bled au tout début des années cinquante avec femmes et enfants.
Un long métrage.
Fiction ou documentaire? « Une véritable histoire où se mèle un peu de fiction", explique le réalisateur qui joue également le rôle principal (...)
Repérages ,
les longs moments de repérages ont naturellement conduit l'équipe de tournage à s'attarder sur l'ancien foyer Sonacotra qui a hébergé de nombreux immigrés venus d'Afrique du Nord dans les années soixante;
sur l'hôtel des Ouvriers, l'un des autres symboles de cette période et de l'usine d'Homécourt ainsi que sur l'avenue de la République et la gare où ont transité bon nombre de ces exilés (...)

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/170713

vendredi 11 juillet 2008

Cet été, la Lorraine accueille un tournage

L’équipe du long métrage Le Chemin noir. Abdallah Badis, réalisateur, a choisi la Lorraine, pour nous livrer, dans un récit bouleversant, la vie paisible d’un homme d’origine algérienne (...)

Le Chemin noir, d’Abdallah Badis, un long métrage diffusé en salle.

L’histoire présente la vie d’un homme d’origine algérienne, il a grandi et vit en France, mais sa vie être bouleversée par un appel d’Algérie : on l’attend là-bas, sa mère, son père, les autres aussi. Des chemins de traverse le ramènent à la Lorraine industrielle de son enfance, région sinistrée où il exhume la vie des travailleurs immigrés de la sidérurgie et de quelques fantômes qui les accompagnent. La remontée dans le temps va pourtant mener le Narrateur à retourner en Algérie, à la rencontre paradoxale d’un pays qu’il connaît mal et qu’il reconnaît en même temps comme sien, à des retrouvailles intimes avec une famille depuis longtemps lointaine. Un retour inattendu de l’Histoire finira par donner un sens à ses errances, à ses détours et à sa traversée.

http://www.lorraine.eu/jahia/Jahia/cache/bypass/pid/361?actu=15336

samedi 5 juillet 2008

La Lorraine déroule le tapis rouge pour le cinéma

tournage en bord de voie ferrée désaffectée (lien)

mardi 15 mai 2007

Échange de notes avec Claire la chef opératrice.

à propos de ma place dans le film/cadre : « circulant parmi les miens », donner à chaque personnage la même importance (un parmi les autres)

chacun est porteur d'une histoire et pourrait devenir le premier rôle. c'est important qu'on (le spectateur) puisse sentir que le film bien sûr tisse sa trame mais qu'il y a là mille histoires possibles. J'aimerais qu'à travers l'image, le son... on puisse trouver une AUTRE MANIERE DE RACONTER. Dérouler une histoire sans héros et avec mille héros possible, je crois que c'est le seul pari intéressant quand on veut mettre à l'écran des " gens de peu "et qu'ils soient dignement "représentés". C’est le pari essentiel qui fait que ce film vaut d'être fait, que ce n'est pas un "film de plus".

repérable (faut-il que pour certaines séquences qui se suivent j’ai le même vêtement ou non ?)

cette question du vêtement, je me la suis posée en effet. j'aurai un vêtement, ou un élément vestimentaire qui courra le long du film. Délicat parce qu'il faut qu'il soit visible, reconnaissable, mais aussi qu'il se fonde dans le milieu.
j'ai l'image de la pintade, animal domestiqué, mais qui a besoin de nicher dans une haie sauvage. a-t-elle des taches noires sur fond blanc ou des taches blanches sur fond noir, impossible de le dire.
Je n’aimerais pas avoir une caméra, être le filmeur qui est filmé, chose rebattue et inintéressante. Par contre, entendre des voix, être vu à l’image (de ci de là dans le cours du film) les cherchant, chercher du son dans l’air ambiant avec un mini disc (ou…), un micro et un casque est peut–être plus intéressant et moins illustratif.

- « le film aura retrouvé ses couleurs »… laisser exister pleinement les couleurs… lumière chaude du matin et du soir (chaleur qui accentue les couleurs)… le soleil rougeoyant // feu de la fonte

Le printemps est une saison où la couleur éclate…. un aveugle qui retrouve la vue… ça peut parfois faire mal aux yeux. ..De même pour le son, le silence, un silence habité peut être troublant.


- faire sur certaines séquences des plans dans la longueur… temps suspendu

Réduit à être informatif, le film perdrait tout intérêt. J'ai mis du temps à convaincre la production sur la nécessité de la durée. (toutes les prod sont soumises à la pression des diffuseurs au point de , c'est à se demander, devancer leur désir de formatage...)
Je n'ai aucune envie d'être efficace. Bouleversant, oui. En filigrane tout le long du film, tout documentaire qu’il soit (c'est quoi un documentaire !?!? un tiroir au CNC, aux télés...), poème plus qu'information. La violence douce du "dormeur du val" de Rimbaud. Ne pas oublier la violence, ce n’est pas orientaliste, pas du Pierre Loti, pas du typical maghribi
donc faire durer certaines choses, suspendre, fait partie de la cuisine qu'on doit faire (le plus possible dès le tournage).


- travail ombre/lumière

la pintade

- multiplier les visages (comme des portraits)… tous les âges (gamins…)

intrusion dans le film de vrais portraits vivants (peut -être en Noir et blanc) des personnes calmes regard caméra, comme si dans ma tête(dans ta tête), se faisait un "cling!" As-tu vu les portraits de Marc Garanger: "la guerre d'Algérie vue par un appelé du contingent" au Seuil

- « ces petits riens qui font qu’en eux je reconnais mes parents »… même si c’est sûrement plus pour la partie française… cela vaut peut-être la peine de préciser

Je sais reconnaître un arabe entre mille personne à sa manière d'être, de s'asseoir, d'attendre le bus, de tenir ses mains le long du corps ou d'en porter une à son menton ou au visage comme pour se masser la joue, mais comment l'expliquer? je ne parle pas des jeunes, rappeurs ... qui ont cultivé un vocabulaire corporel particulier à la bande dont ils font partie.
Comment, sinon qu'il y a un rapport à l'espace, à l'intime, à son propre corps qui est autre. C'est pour cela que des personnes peuvent bourrer un autobus, elles ne sentent pas pour autant leur espace privé violé. L'intime n'a pas une enveloppe protectrice spatiale. ( la distance de sécurité comme en éthologie) Prenons une salle d'attente de gare avec une seule personne qui y est assise. Une deuxième personne y arrive; si tu es dans le monde anglo saxon (modèle occidental) elle s'assoira en face de celle déjà installée; les deux se partageront l'espace de la gare moitié l'un, moitié l'autre. Si tu es en Algérie par exemple, la deuxième personne s'assoira près de la première, parfois même jusqu'à faire touche- touche. Et ça n'empêchera aucun des deux de poursuivre ou laisser aller ses rêveries. Des différences culturelles presque invisibles mais qui sont fondamentales. On imagine la maladresse des soldats américains en Irak, afghanistan...(dévoreurs d'espace de sécurité): « Si quelqu'un m'approche de trop près, c'est qu'il me veut du mal... »
Pendant nos quelques jours de préparation ensemble en Algérie, quand l'occasion se présentera, quand on les aura sous les yeux, je te les indiquerai ces petites choses quasi invisibles mais tellement là.

- sensation/émotion

je compte fortement sur l'image et le son pour la rendre et la faire naître. Moi à l'image, je ne serai qu'un modeste Keaton.
pendant la célébration au cimetière, je crois que ce serait bien qu'on me perde un bon moment pour me retrouver tout à coup ailleurs ( dans la pénombre du marabout par exemple) puis me perde à nouveau et me retrouve encore ailleurs.

- la route, la voiture

tu auras compris je pense que ce qui est dans le scénario est une ligne, un dessin et que pour être dispo à l'imprévu qui est fortement souhaité, programmé même comme les boucles aléatoires dans les partitions de musique contemporaine, dès maintenant je m'assure de ne pas être crispé à ce que j'ai écrit. Le début en Algérie (ce n'est que le montage qui le posera comme un début), je l'imagine comme ceci aujourd’hui et maintenant:

-un gamin marche le long d'un mur (durée, travelling qui le suit (en bagnole)) le mur c'est l'enceinte d'un cimetière. le gamin y pénètre. Il s'oriente à travers les tombes jusqu'à arriver au pied d'une d'entre elles près de laquelle a poussé naturellement un arbre. À cet arbre sont suspendus des morceaux de tissus de toutes couleurs. Le gamin se recueille, puis il accroche à une branche son offrande un petit bout de tissu également.( le strict nécessaire comme nombre de plans)

Plan fixe
-la route, le paysage (comme photo jointe)

-puis comme si je quittais la caméra j'entre dans l'image et j'emprunte cette route, le gamin déjà vu est avec moi; nous disparaissons sur la gauche de l'image derrière la butte

-la route le paysage, on entend le gamin gazouiller, rire...
une 404 entre dans le champ (on ne l'a pas entendue venir) elle disparaît derrière la butte
on l'entend qui s'éloigne pendant qu'on nous voit, le gamin et moi déjà apparaître sur la route au fond de l'image; on est loin, on est tout petits dans l'image (ellipse "magique")
et la 404 nous dépasse jusqu'à sortir du champ en haut à droite de l'image.
on la voit revenir en marche arrière et s'arrêter à notre niveau. Le conducteur sort du véhicule des paroles semblent s'échanger là-bas très loin puis nous embarquons dans la voiture elle s'éloigne et sort du champ.

- le travail
- la terre
- rituel, cérémonie, geste

observer simplement par exemple comment le geste d'enlever ses chaussures pour entrer dans un intérieur est ritualisé.
les gestes en rapport avec l'eau
quelqu'un qui boit dans sa main
les rapports à la nourriture, le geste de se nourrir, de palper les fruits, les céréales...
un homme qui marche le long de la route portant sur ses épaules un mouton vivant (la toison d'or)
la liberté des petits enfants dans l'espace et dans le rapport aux adultes ( toute la méditerranée est là),
même si un vieil homme assis sur le sol les gronde et les menace (de manière amusée) de sa canne.
les vieux plongé en eux-même, comme en méditation….ils pensent sans angoisse à la mort. Et c’est enviable.