mercredi 22 septembre 2010
vendredi 10 septembre 2010
"Nous essayons en tant qu'ouvriers du rêve de dire le corps de l'âme des hommes avec des mots des sons, des gestes, du silence." Sony Labou Tansi
Dans Le Chemin noir, Abdallah Badis utilise la puissance du saxo et la voix rocailleuse d'Archie Shepp qui font résonner cette transcendance de la défaillance des corps. Les corps du Chemin noir, ce sont ceux des manœuvres algériens de la sidérurgie dont le réalisateur est issu, ceux de ces retraités qui regardent leur reste de vie passer, se demandant où ils seront enterrés. Le réalisateur a passé 25 jours à l'arrière de leur foyer, où ils passent leur temps ! Car leur parole n'est pas immédiate. Mais quand elle fuse, dans une impressionnante maturité et clarté, ce sont des moments de grâce comme nous en offre rarement le cinéma ! Le prétexte du contact était la réparation d'une 404 Peugeot, qui donne sa cohérence au film. Car la mémoire est un long geste de réparation, alors même que la relation entre la France et l'Algérie reste très déchirée. Mais sur quoi appuyer cette mémoire alors que les usines sont en ruines ou ont disparu, remplacées par un parc d'attraction ? Attentif mais impassible comme un Elia Suleiman, Abdallah Badis illustre avec Archie Shepp sa mélancolie sans jamais tomber dans la nostalgie. Sa présence à l'écran et la multiplication d'artifices de distanciation lui permettent de ne pas s'enfermer dans la perte de ce qui n'est plus là, mais d'en construire un présent qui pose la question angoissée de l'avenir. Son film très écrit a pourtant l'ouverture d'un jazz improvisé : ses dispositifs poétiques sont là pour capter ce qui veut bien rentrer dedans, et quand ça fonctionne, c'est de l'or en barre ! Car c'est en se lâchant ainsi qu'on lâche ce qui bloque dans le passé, que la conscience de la perte et de la mort met la vie en perspective.
Olivier Barlet
(source Africultures: cliquez ici)
Olivier Barlet
(source Africultures: cliquez ici)
mardi 7 septembre 2010
selection diffusion
Bel accueil pour "Le chemin Noir" à Lussas et aux rencontres de Gindou. beaucoup de spectateurs de tous âges et conditions très touchés. S'il en était besoin, cela conforte dans l'idée qu'il y a vraiment un public pour ce drôle d'objet cinématographique.
"Le Chemin Noir" a été sélectionné
au festival Résonances de Bobigny.
Il sera projeté au Magic cinéma Bobigny le 17 octobre 2010.
au Festival du Film Arabe de Fameck.
Il y sera projeté le 23 octobre à 21h.
Le moyen métrage "Une Vie Française" va être diffusé sur France 3 Lorraine le 2 octobre à 15h25'.
"Le Chemin Noir" a été sélectionné
au festival Résonances de Bobigny.
Il sera projeté au Magic cinéma Bobigny le 17 octobre 2010.
au Festival du Film Arabe de Fameck.
Il y sera projeté le 23 octobre à 21h.
Le moyen métrage "Une Vie Française" va être diffusé sur France 3 Lorraine le 2 octobre à 15h25'.
lundi 30 août 2010
dimanche 29 août 2010
mardi 2 mars 2010
"Une vie française". critique
(France, 2010). 55 mn. Inédit.
Un beau film mélancolique , sur les traces d'un passé enfoui.La force du souvenir, alliée à un sens aigu de l'image.
Etrange objet que ce documentaire toujours au bord de la fiction, à la fois extrêmement personnel, autobiographique - le réalisateur, Abdallah Badis, s'y met lui-même en scène, un peu à la façon du réalisateur palestinien Elia Suleiman - et ouvert sur les autres, cherchant à raconter à travers un destin individuel une histoire collective, celle de l'immigration algérienne en France.
Au gré de va-et-vient incessants entre passé et présent, l'enfance et la jeunesse de l'auteur, aujourd'hui quinquagénaire, ressurgissent en mots et en images, fragments que relie la musique du jazzman Archie Shepp. Au centre, le rapport au père, manoeuvre dans une aciérie en Lorraine, que sa famille vient rejoindre dans les années 1950.

A la beauté dépouillée des phrases de Badis - que ce comédien de formation dit lui-même - répond un sens remarquable du cadre et des lieux, cité HLM ou vestiges industriels de Moyeuvre-Grande et Homécourt envahis par la végétation. Autour d'objets chargés de mémoire (une antique Peugeot 404 qu'on essaie de réparer, un disque de musique orientale, des photos...) s'échangent des expériences communes dans un français mêlé d'arabe. « L'Algérie, c'est mon pays, même si je m'en suis éloigné », dit un vieil homme qui voudrait retourner mourir au bled. Si le ton est grave, mélancolique, il se dégage d'Une vie française une douceur et une chaleur humaine à mille lieues d'un certain débat oiseux sur l'identité nationale.
Vincent Arquillière.
Télérama, Samedi 27 février 2010
Un beau film mélancolique , sur les traces d'un passé enfoui.La force du souvenir, alliée à un sens aigu de l'image.
Etrange objet que ce documentaire toujours au bord de la fiction, à la fois extrêmement personnel, autobiographique - le réalisateur, Abdallah Badis, s'y met lui-même en scène, un peu à la façon du réalisateur palestinien Elia Suleiman - et ouvert sur les autres, cherchant à raconter à travers un destin individuel une histoire collective, celle de l'immigration algérienne en France.
Au gré de va-et-vient incessants entre passé et présent, l'enfance et la jeunesse de l'auteur, aujourd'hui quinquagénaire, ressurgissent en mots et en images, fragments que relie la musique du jazzman Archie Shepp. Au centre, le rapport au père, manoeuvre dans une aciérie en Lorraine, que sa famille vient rejoindre dans les années 1950.

A la beauté dépouillée des phrases de Badis - que ce comédien de formation dit lui-même - répond un sens remarquable du cadre et des lieux, cité HLM ou vestiges industriels de Moyeuvre-Grande et Homécourt envahis par la végétation. Autour d'objets chargés de mémoire (une antique Peugeot 404 qu'on essaie de réparer, un disque de musique orientale, des photos...) s'échangent des expériences communes dans un français mêlé d'arabe. « L'Algérie, c'est mon pays, même si je m'en suis éloigné », dit un vieil homme qui voudrait retourner mourir au bled. Si le ton est grave, mélancolique, il se dégage d'Une vie française une douceur et une chaleur humaine à mille lieues d'un certain débat oiseux sur l'identité nationale.
Vincent Arquillière.
Télérama, Samedi 27 février 2010
lundi 1 février 2010
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